Combien gagne réellement un kinésithérapeute en France ? Entre salariat et exercice libéral, les revenus varient fortement selon le statut, l’expérience et la spécialisation. Décryptage des chiffres clés pour mieux comprendre la réalité du métier.

 

Quel est le salaire d’un kiné ?

Le salaire moyen d’un kinésithérapeute titulaire en profession libérale est de 3 000 € net par mois. Selon le lieu et le modèle d’exercice, ce revenu fluctue entre 2 000 et 5 000€ mensuels.

Les kinésithérapeutes salariés gagnent chaque mois environ :

  • Entre 1 600 et 3 000 € net pour le secteur public hospitalier.
  • Aux alentours de 2 600 € net pour le secteur privé comme les cliniques ou les centres de rééducation.

 

Bon à savoir : Quel est le salaire d’un kiné en fin de carrière ?

 

Du côté du secteur privé, le kinésithérapeute en fin de carrière gagne en moyenne 3 500 € net par mois. Tandis qu’un kiné libéral peut atteindre jusqu’à 6 000 € net mensuel.

 

Quels facteurs influencent le salaire ?

Le salaire moyen d’un kiné est un chiffre qui fluctue selon plusieurs critères, les voici :

  • Le mode d’exercice : il est possible de choisir entre le salariat et le libéral.
  • Le titre : un kinésithérapeute remplaçant ou assistant ne gagne pas autant qu’un professionnel titulaire.
  • Le lieu de travail : en cabinet, à l’hôpital public ou dans des centres de soins privés. La fonction publique ou la fonction privée influence le salaire.
  • Le secteur géographique : il influence les prix légèrement.
  • L’expérience : plus vous en avez, plus vous pouvez espérer gagner plus.
  • La spécialisation : kinésithérapie musculo-squelettique, sportive, médicale, clinique, en lien avec la santé de la femme, votre spécialité peut impacter votre revenu mensuel.

 

Les différences entre salariat et profession libérale

Le masseur kinésithérapeute libéral à domicile :

Pour commencer, prenons le cas d’un kiné libéral à domicile qui s’absente cinq semaines par an. Il travaille 7h durant cinq jours par semaine à raison d’un client toutes les demi-heures. Autrement dit, il prend en charge 14 patients par jour, soit 70 patients par semaine. Il facture en moyenne 18,5 € par passage (AMK 7,5 + 2,5€ pour les frais de déplacements). Cela lui permet d’obtenir un total de 7 252 € par mois.

Cependant, bien que cette somme soit conséquente, elle reste un chiffre d’affaires brut. Pour obtenir le net, il faut déduire au moins :

  • 30 % d’URSSAF/CARPIMKO.
  • 5 % de frais professionnel pour le matériel, le logiciel, la prévoyance, etc.

Autrement dit, un kiné libéral exerçant chez le patient gagne environ 4 710 € chaque mois.

 

Le masseur kinésithérapeute salarié :

Pour continuer sur cette lancée, faisons de même avec le kiné salarié. Il dépend d’un salaire fixe estimé selon des grilles, des échelons et des grades pour le public. Toutefois, certains établissements n’hésitent pas à gonfler les prix pour rendre le poste plus attractif. Un salarié en kinésithérapie passe 80 à 85 % de son temps de travail à faire des actes auprès des patients sur une période de 35h/semaine.

Dans une région peu attractive et à un poste dans le secteur public, il gagnera approximativement 2 000 € net mensuel en début de carrière. Il pourra bénéficier de semaines de congés payés et cotisera pour sa retraite. Dans le secteur privé, il pourra espérer 2 200 € par mois en démarrant son activité.

 

Le masseur kinésithérapeute en cabinet titulaire :

Le kiné titulaire travaillant dans un cabinet et effectuant des semaines de 38h et facturant 16 € l’acte gagne approximativement 1 216 € par semaine, soit minimum 4 860€ par mois. Un chiffre d’affaires brut qui semble confortable, mais auquel il faut ajouter 20 % de temps de travail non rémunéré consacré à la désinfection, la comptabilité, le secrétariat, la gestion du lieu, l’administratif, etc.

Qui plus est, il faut aussi tenir compte des éléments suivants :

  • Le temps de formation nécessaire pour toujours indemniser.
  • Des rendez-vous patients non honorés qui peuvent représenter 7%.
  • Les charges pouvant aller jusqu’à 50 % du CA.

Autrement dit, ce type de kiné gagne environ 2 430 € net mensuel.

 

Le masseur kinésithérapeute remplaçant ou assistant :

Autre exemple, celui du kiné remplaçant ou assistant. Il travaille quatre jours par semaine à raison de deux patients par heure. Il travaille 8 heures par jour et il facture le montant minimal de séance à savoir 16 €. Il gagne approximativement 4 090 € de CA brut.

Il doit déduire de cette somme :

  • 20 % de rétro.
  • 30 % de cotisations.

Son CA net est donc de 2 048 € par mois.

 

L’info en plus :

 

La convention nationale des Masseurs-kinésithérapeutes précise qu’il faut respecter de recevoir deux patients par heure maximum. Le non-respect de ce quota peut entraîner des sanctions.

 

Quelles sont les évolutions et les perspectives de revenus ?

La carrière d’un kinésithérapeute peut évoluer dans plusieurs directions. Il est possible de se spécialiser, par exemple en kinésithérapie respiratoire, gériatrique ou sportive. D’autres voies existent également, comme l’ostéopathie ou la chiropraxie. Dans le secteur public hospitalier, les concours internes offrent des perspectives d’avancement, permettant d’accéder à des fonctions de cadre de santé, de chef de service ou encore de directeur des soins. Pour les kinés en profession libérale, les années d’expériences sont importantes pour évoluer. Il existe aussi des formations pour évoluer vers d’autres spécialités ou connaissances.

Autrement dit, quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle et le statut, le métier de kiné permet de nombreuses évolutions. Plus vous avez de l’expérience et une expertise, plus vous pouvez augmenter votre rémunération. Un kiné expert dans son domaine peut espérer dépasser les 3 000 € de revenus nets mensuels en salarial et les 5 000€ en libéral.

 

Quelques conseils pour optimiser sa rémunération et choisir le bon statut

Choisir le bon statut :

Le choix vous appartient, il dépend de vos perspectives et de vos envies, mais pour vous aider à le faire, voici un tableau comparatif :

 

Avantages

Inconvénients

En résumé

Salariat (hôpital, clinique, centre)

–          Sécurité de l’emploi

–          Congés payés

–          Pas de charges de cabinet

–          Rémunération plafonnée (1 700 à 2 600 € net en moyenne)

–          Faible marge de progression financière

Un bon choix si vous  privilégiez la stabilité ou un début de carrière.

Libéral (cabinet)

–          Revenus plus élevés (environ 3 000 à 4 000 € net par mois)

–          Autonomie

–          Liberté d’organisation

–          Charges lourdes (URSSAF, CARMF, matériel, local)

–          Administratif et comptabilité à gérer

–          Revenus variables

Le meilleur statut si vous savez conserver une bonne organisation et si vous souhaitez quelques chose de plus rémunérateur.

Remplaçant ou assistant

Remplaçant :

–          Liberté de pratique

–          Pas d’investissement lourd

Assistant :

–          Travail aux côtés d’un kiné titulaire

Remplaçant :

–          Revenus variables

–          Dépendance aux disponibilités

Assistant :

–          Reverse un pourcentage au cabinet du titulaire (environ 30 %)

Ce statut est idéal pour les kinés débutants, ils sont accompagnés par des professionnels plus expérimentés. C’est un bon tremplin pour devenir titulaire et/ou se lancer.

 

Bien sélectionner la zone d’installation :

Il est préférable de s’installer dans les villes attractives et qui ne sont pas saturés. La demande sera plus conséquente et vous aurez une patientèle qui se développera plus vite. Vous pouvez aussi choisir une zone sous-dotées, à la campagne ou dans les zones prioritaires. Vous pouvez ainsi bénéficier d’aides financières pour vous installer comme des exonérations fiscales, des primes ARS, etc.

 

Optimiser les charges en libéral :

Vous pouvez aussi opter pour une optimisation de vos charges. Pour cela, vous pouvez :

  • Mutualiser un local avec d’autres professionnels (médecins, ostéopathes, pédicure-podologues, infirmiers).
  • Bien choisir votre régime fiscal (micro-BNC ou déclaration contrôlée BNC au réel.
  • Déduire intelligemment les frais professionnels : voiture, matériel, formation, logiciel, etc.

 

Développer une spécialisation rentable et demandée :

Orientez-vous vers une spécialisation qui assure des revenus confortables comme :

  • Kiné du sport : la demande est forte et la clientèle prête à payer des compléments hors convention.
  • Rééducation périnéale/uro-gynéco : il existe peu de praticien formé et la demande est croissante.
  • Drainage lymphatique (oncologie et esthétique) : il s’agit d’une niche rémunératrice.
  • Neurologie/pédiatrie : cette spécialisation est valorisée, elle permet de travailler en centres.

 

Mixer conventionné et non conventionné :

Varier ses revenus ou optimiser son CA se fait aussi au travers des actes réalisés. Les actes conventionnés sont encadrés par la Sécurité sociale, autrement dit leurs tarifs sont fixes. Cependant, vous pouvez proposer des actes non conventionnés, c’est-à-dire non pris en charge par la Sécu. Ils concernent souvent le domaine du sport, de la prévention et de l’esthétique. Ils assurent un revenu complémentaire.

 

Élargir l’offre de services :

Le kinésithérapeute n’est pas obligé de rester cloitré dans son cabinet à recevoir des patients. Il peut aussi varier son panel de services et ajouter :

  • Des ateliers collectifs comme le pilates, la posture ou encore la prévention du mal de dos, notamment en entreprise.
  • Des consultations ergonomiques en entreprise.
  • Des collaborations avec des clubs sportifs, des maisons de retraites ou des associations de santé.

En plus, c’est l’occasion de casser la routine et d’augmenter le bouche-à-oreille.

 

Rester à la page :

Être un bon kiné, c’est aussi rester au fait des évolutions des pratiques et du secteur. Plus vous serez bien informé, plus vous pourrez ajuster votre évolution. Pour cela, il suffit d’opter pour des formations continues et participer au salon Rééduca. C’est l’occasion d’échanger avec d’autres professionnels, mais aussi un excellent moyen de découvrir les nouveautés du métier.

 

Bien s’organiser :

L’ultime conseil est sans doute le plus important ! Pour assurer un bon CA et optimiser ses revenus, il convient de conserver une bonne organisation. Un agenda optimisé, contenant moins de trois avec des séances bien enchaînées, permet l’accueil de plus de patients. S’organiser, c’est profiter d’une meilleure rentabilité sans travailler plus d’heures.

 

L’organisation passe aussi par des outils numériques dédiés à la gestion. N’hésitez pas à déléguer à l’aide de Doctolib et de logiciels de cabinet. Sans oublier qu’un kiné bien organisé pourra plus facilement prendre soin de lui, ce qui est essentiel à son bien-être et celui de ses patients.

 

*Sources :

https://appines.fr/guide/emploi/kinesitherapeutes/salaire/combien-gagne-un-kine

https://www.jobteaser.com/fr/advices/salaire-d-un-kine-tout-savoir

https://www.cegedim-sante.com/salaire-des-kinesitherapeutes-quels-sont-les-chiffres

 

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