Hypopnée : définition, symptômes, diagnostic et traitements

L’hypopnée est un trouble respiratoire du sommeil correspondant à une diminution partielle de la respiration, souvent associée à des micro-réveils et une désaturation en oxygène. Fréquemment liée au syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), elle peut altérer la qualité du sommeil et nécessite une prise en charge adaptée, parfois complétée par la kinésithérapie.

 

La définition de l’hypopnée et sa différence avec l’apnée

L’hypopnée est une diminution partielle de l’amplitude respiratoire pendant le sommeil, associée à une désaturation (chute du taux) d’oxygène et/ou des micro-réveils. Elle fait partie des troubles qui entrent dans le cadre d’un syndrome d’apnée du sommeil (SAHOS). Elle se caractérise par la répétition anormale d’évènements respiratoires nocturnes, incluant des apnées et des hypopnées. Ce trouble peut concerner aussi bien l’adulte que l’enfant, notamment dans certaines formes d’obstruction des voies respiratoires aériennes supérieures.

La différence entre apnée et hypopnée : l’apnée est une fermeture des voies aériennes supérieures complète. Tandis que l’hypopnée désigne une fermeture incomplète

 

Quels sont les symptômes d’une hypopnée nocturne ?

L’hypopnée a de lourdes conséquences sur la respiration et la qualité de votre sommeil, notamment à cause des symptômes suivant :

  • Ronflements
  • Réveils nocturnes
  • Somnolence diurne
  • Nycturie
  • Fragmentation du sommeil
  • Fatigue au réveil malgré une “nuit complète”
  • Perte de libido
  • Maux de tête matinaux
  • Irritabilité / baisse de la concentration
  • Pauses respiratoires observées (parfois)
  • Bouche sèche due à une respiration buccale

 

Hypopnée : causes et facteurs de risque

L’hypopnée survient le plus souvent à la suite d’un rétrécissement partiel des voies aériennes supérieures pendant le sommeil. Cela entraine une diminution du flux respiratoire. Plusieurs facteurs anatomiques, fonctionnels et comportementaux peuvent favoriser son apparition…

 

Le relâchement des tissus des voies aériennes supérieures

Ce principal mécanisme de l’hypopnée repose sur un relachement excessif des muscles du pharynx, de la langue et du voile du palais durant le sommeil. Ce phénomène entraîne parfois un collapsus partiel des voies aériennes supérieures, limitant le passage de l’air sans provoquer un arrêt respiratoire complet.

 

Un surpoids et un tour de cou élevé

Le surpoids, en particulier lorsqu’il s’accompagne d’une augmentation du tour de cou, favorise l’accumulation de tissus graisseux autour des voies respiratoires. Cette surcharge mécanique réduit leur calibre et augmente le risque d’hypopnée, notamment en position allongée.

 

La consommation d’alcool ou de sédatifs le soir

L’alcool, les somnifères et d’autres médicaments sédatifs accentuent le relâchement musculaire nocturne. Pris en soirée, ils peuvent majorer la fréquence et l’intensité des épisodes d’hypopnée en diminuant le tonus des muscles des voies respiratoires.

 

La congestion nasale et l’obstruction du nez

Une respiration nasale insuffisante liée à une congestion chronique, une déviation de la cloison nasale ou des pathologies ORL favorise la respiration buccale. Cette dernière modifie la position de la langue et peut contribuer à l’obstruction partielle du pharynx pendant le sommeil.

 

Le fait de dormir sur le dos

La position dorsale est un facteur aggravant fréquent. Elle favorise le recul de la langue et des tissus mous vers l’arrière de la gorge, réduisant le calibre des voies aériennes supérieures et augmentant le risque d’hypopnée.

 

Les anomalies maxillo-mandibulaires

Certaines particularités anatomiques, telles qu’une mâchoire inférieure en retrait (rétrognathie) ou un palais étroit, peuvent limiter l’espace disponible pour le passage de l’air et prédisposer aux troubles respiratoires du sommeil.

 

L’hypertrophie amygdales/adénoïdes chez l’enfant

Chez l’enfant, l’hypopnée est fréquemment liée à une hypertrophie des amygdales et/ou des végétations adénoïdes. Cette obstruction mécanique des voies aériennes supérieures peut altérer la respiration nocturne et justifie une évaluation médicale spécifique.

 

Diagnostic : c’est quoi l’index d’apnée-hypopnée (IAH) ?

Le diagnostic repose notamment sur l’index d’apnée-hypopnée (IAH), qui mesure le nombre d’apnées et d’hypopnées par heure de sommeil. Cet indicateur permet d’objectiver le trouble respiratoire et d’en évaluer la sévérité afin d’orienter la prise en charge la plus adaptée. Pour connaître l’IAH, il convient de réaliser des examens d’étude du sommeil comme la polygraphie ventilatoire ou la polysomnographie. Ainsi, il convient de consulter dès les premiers signes d’une hypopnée comme la somnolence, le ronflement ou encore les pauses respiratoires.

 

Quels sont les risques et les complications d’une hypopnée ?

Sans surprise, l’hypopnée présente plusieurs risques pour la santé.

 

Les risques cardiovasculaires :

En effet, les troubles du sommeil encouragent l’apparition de maladies cardiovasculaires, comme :

  • L’hypertension artérielle
  • L’insuffisance cardiaque
  • Les troubles du rythme cardiaque
  • La maladie coronarienne
  • L’accident vasculaire cérébral

 

Les risques métaboliques :

Ce trouble est également responsable de nombreux risques métaboliques tels que :

  • Le diabète
  • Le syndrome métabolique
  • La dyslipidémie
  • L’augmentation du tour de taille
  • Le dérèglement hormonal

 

Les conséquences potentielles sur la santé globale et la qualité de vie

L’hypopnée a des conséquences problématiques sur le quotidien et la santé de chaque personne atteinte, notamment :

  • Des endormissements incontrôlables qui peuvent s’avérer dangereux au quotidien dans de nombreux cas de figure, notamment la conduite.
  • Des troubles de la mémoire et de la concentration ;
  • Des changements d’humeur et une certaine efficacité handicapante dans les tâches quotidiennes, qu’elles soient professionnelles ou personnelles.

La baisse globale de la vigilance entraîne de nombreux accidents de voiture ou encore du travail, notamment à cause de la somnolence anormale en journée.

 

Quels traitements pour l’hypopnée et le SAHOS ?

L’amélioration des conditions de sommeil chez les personnes atteintes d’hypopnée repose sur une prise en charge globale et coordonnée, adaptée à la sévérité du trouble et au profil du patient. Plusieurs options thérapeutiques sont proposées afin de réduire les évènements respiratoires nocturnes et d’améliorer la qualité de vie au quotidien.

 

Parmi les traitements médicaux de référence figurent la ventilation nocturne à pression positive continue (PPC) et l’orthèse d’avancée mandibulaire (OAM). Ces dispositifs sont particulièrement indiqués dans les formes modérées à sévères de syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) et nécessitent un suivi médical spécialisé. Dans certains cas spécifiques, une prise en charge chirurgicale des voies aériennes supérieures peut également être envisagée après évaluation pluridisciplinaire.

En complément, la prise en charge de l’hypopnée repose aussi sur des mesures non médicamenteuses indispensables comme :

  • L’amélioration de l’hygiène de vie
  • La perte de poids si nécessaire
  • La limitation de la consommation d’alcool
  • La limitation de la prise de sédatifs le soir.
  • Le traitement d’une obstruction nasale assocée
  • La thérapie positionnelle

Quel que soit le traitement principal retenu, un suivi régulier est essentiel afin d’ajuster la prise en charge, d’évaluer l’évolution des symptômes et de favoriser l’adhésion du patient. Dans ce cadre, une approche pluridisciplinaire peut inclure, en complément des traitements médicaux, l’intervention de la kinésithérapie pour améliorer la fonction respiratoire et le confort nocturne.

 

Quel est le rôle de la kinésithérapie dans l’hypopnée ?

La kinésithérapie peut intervenir en complément des traitements médicaux, notamment dans les formes légères à modérées d’hypopnée ou pour améliorer le confort, l’adhésion au traitement et la fonction respiratoire globale. Cette prise en charge doit être assurée par des masseurs-kinésithérapeutes formés en kinésithérapie oro-maxillo-faciale (OMF) et/ou en pathologie respiratoire, capables d’évaluer les mécanismes fonctionnels impliqués dans le collapsus des voies aériennes supérieures.

Le rôle du kinésithérapeute porte principalement sur le travail fonctionnel et éducatif : rééducation oro-pharyngée, optimisation de la respiration nasale, amélioration du tonus musculaire des voies aériennes supérieures et accompagnement des changements posturaux et comportementaux liés au sommeil. Les techniques de désencombrement bronchique (compression manuelle, toux dirigée) ne sont pas indiquées en première intention dans l’hypopnée liée au collapsus pharyngé et ne trouvent leur place que dans des situations particulières, en cas de comorbidité bronchique associée (bronchite chronique, BPCO).

 

Quelques exercices utiles (myofonctionnels / oro-pharyngés) proposés par le kiné :

Pour une prise en charge de l’hypopnée en kinésithérapie, plusieurs approches et exercices sont possibles. D’autant que les traitements médicaux courants possèdent des inconvénients tels que le bruit de la machine, l’inconfort du matériel, etc. Ainsi, la kinésithérapie apparaît comme une bonne alternative, bien qu’elle soit utile en soutien et non en réponse principale. Cela passe par une compression manuelle qui se déroule dans une position confortable et stable. Le thérapeute encourage à tousser pendant qu’il exerce une pression au niveau du ventre ou du thorax.

 

Exercices ciblant la respiration, l’expansion thoracique, et la coordination respiratoire

La respiration permet la détente, mais elle peut aussi permettre un meilleur positionnement de la langue, une aération plus conséquente du pharynx, etc. Ce type d’approche gravite autour d’exercices faciaux comme la succion, les mouvements de mâchoires ou encore de renforcement respiratoire. Cela passe par une inspiration pour les voies nasales et une expiration par la voie buccale.

 

Techniques pour le désencombrement bronchique, le cas échéant

La kinésithérapie respiratoire permet d’assurer une respiration de qualité dans le but de cultiver une bonne oxygénation du sang, mais également des gaz thoraciques. Autrement dit, le kiné participe à l’adoption d’une bonne amplitude thoracique chez le patient. Voilà pourquoi, parfois, ce type de pratique thérapeutique est utilisée pour désencombrer les voies aériennes respiratoires, notamment lors d’une bronchite.

 

Renforcement spécifique des muscles respiratoires et leur rôle dans la stabilisation des voies aériennes pendant le sommeil

La langue et le pharynx sont les organes et muscles responsables de l’hypopnée. Souvent, cette pathologie gênante vient d’un problème de tonus musculaire au niveau de la langue, du palais ou encore du pharynx à l’origine notamment du collapsus pharyngé.

L’exercice physique associé à la rééducation des voies aériennes respiratoires permet de réduire les conséquences problématiques et inconfortables de l’hypopnée. Le kinésithérapeute intervient avec un programme personnalisé composé d’exercices isométriques et isotoniques sur les voies orales et/ou oropharyngées.

Il existe aussi des  exercices pour le voile du palais qui consistent à prononcer des voyelles de manière continue et intermittente. Finalement, il s’agit de kinésithérapie linguale. Le sport, quant à lui, favorise un meilleur endormissement et une meilleure qualité de sommeil.

 

Éduquer sur les postures et positions pour dormir qui peuvent minimiser les épisodes d’hypopnée

Le kinésithérapeute peut également conseiller le patient sur ses positions de sommeil. Il est préférable d’éviter de dormir sur le dos car cette posture à tendance à réduire les voies respiratoires puisque la langue et le larynx se relâchent après l’endormissement. Si vous êtes kiné vous pouvez aussi conseiller :

  • Le recours à un oreiller anti-ronflement ou oreiller ergonomique ;
  • La thérapie comportementale pour identifier les mauvaises habitudes de sommeil pour mieux les appréhender.

Positions de sommeil : comment réduire les épisodes d’hypopnée ?

Le kinésithérapeute peut également conseiller le patient sur ses positions de sommeil. Il est préférable d’éviter de dormir sur le dos car cette posture à tendance à réduire les voies respiratoires puisque la langue et le larynx se détendent après l’endormissement. En tant que professionnel, vous pouvez aussi conseiller :

  • Le recours à un oreiller anti-ronflement ou oreiller ergonomique ;
  • Le fait de dormir en position latérale (sur le côté) ;
  • La surélévation légère de la tête.
  • La thérapie comportementale pour identifier les mauvaises habitudes de sommeil pour mieux les appréhender.

 

Résultats : à quoi s’attendre et en combien de temps ?

Pour vous aider à visualiser les bénéfices d’un accompagnement pluridisciplinaire, voici une étude de cas accompagnée de ses résultats cliniques…

 

Illustration clinique et évolution sous prise en charge pluridisciplinaire

Chez les patients atteints de syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), notamment dans les formes modérées à sévères, la prise en charge repose sur une coordination de plusieurs disciplines. La kinésithérapie s’intègre alors comme approche complémentaire, en association aux traitements médicaux de référence.

À titre illustratif, un patient présentant un SAHOS sévère, associé à une fatigue diurne marquée et à une altération significative de la qualité du sommeil, bénéficie d’un traitement par pression positive continue (PPC) prescrit et suivi médicalement. Dans ce contexte, un accompagnement kinésithérapique peut être proposé en parallèle, ainsi qu’une reprise progressive d’une activité physique adaptée.

Le rôle du masseur-kinésithérapeute consiste alors à intervenir sur les aspects fonctionnels du trouble, à travers des exercices respiratoires, une rééducation ciblée des voies aériennes supérieures et un travail éducatif visant à améliorer la perception corporelle et le confort respiratoire. Les effets observés sont généralement progressifs, s’inscrivant sur plusieurs semaines, avec une diminution de la fatigue, une atténuation des ronflements et une meilleure tolérance globale du traitement.

 

Résultats attendus et facteurs influençant l’évolution

Les bénéfices de la kinésithérapie ne sont ni immédiats ni uniformes. Ils dépendent de plusieurs facteurs déterminants :

  • la sévérité initiale du trouble, évaluée notamment par l’index d’apnée-hypopnée (IAH) ;

  • l’observance des traitements médicaux (PPC et/ou orthèse d’avancée mandibulaire) ;

  • les facteurs morphologiques et anatomiques des voies aériennes supérieures ;

  • le poids et les habitudes de vie du patient ;

  • l’adhésion du patient au suivi et aux exercices proposés.

Dans ce cadre, la kinésithérapie vise principalement à réduire certains symptômes fonctionnels (ronflements, sensation d’oppression, fatigue), à améliorer le confort respiratoire nocturne et à renforcer l’adhésion globale au traitement, sans se substituer aux dispositifs médicaux lorsqu’ils sont indiqués.

 

Prévention et accompagnement à long terme

Au-delà de l’amélioration symptomatique, la kinésithérapie joue un rôle dans le suivi longitudinal du patient. L’observation clinique, l’éducation thérapeutique, les conseils posturaux et respiratoires permettent d’anticiper certaines difficultés, d’ajuster les pratiques quotidiennes et de favoriser une meilleure compréhension du trouble par le patient.

Intégrée dans une approche globale et pluridisciplinaire, la kinésithérapie contribue ainsi à limiter les complications potentielles liées à l’hypopnée et à améliorer durablement la qualité de vie, en complément indispensable du suivi médical.

 

* Sources :

https://sleepdoctor.fr/blog/hypopnee

https://www.lesouffle.org/apnees-hypopnees-obstructives-du-sommeil

https://www.elsan.care/fr/pathologie-et-traitement/maladies-generale/depistage-apnee-du-sommeil-comment-savoir#:~:text=Deux%20tests%20d’apn%C3%A9e%20du,nuit%20en%20centre%20du%20sommeil

 

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