La kinésithérapie pédiatrique accompagne les bébés, les enfants et les adolescents dans l’acquisition de leurs capacités motrices. Grâce à des exercices ludiques et des protocoles bien rodés, elle favorise le développement, corrige les déséquilibres et participe à une croissance en mouvement. Venez en savoir plus sur cette pratique et découvrez comment, le kinésithérapeute soutient cet apprentissage !
Qu’est-ce que la kinésithérapie pédiatrique ?
La kinésithérapie pédiatrique est une spécialité qui s’adresse aux nourrissons, aux enfants et aux adolescents. Elle prévient, diagnostique et traite les troubles du mouvement. Elle agit également sur la motricité et la respiration des plus petits.
Autrement dit, son rôle est de :
- Favoriser un développement moteur harmonieux au niveau de la posture, de la coordination, de la marche et bien plus encore.
- Accompagner la récupération de l’enfant après une maladie, un accident ou une chirurgie.
- Améliorer la respiration des enfants atteints de pathologies pulmonaires.
- Soutenir l’autonomie dans les activités scolaires ou les activités quotidiennes.
- Guider les parents sur les bons gestes et les informer sur les positions, voire d’éventuels exercices à réaliser à la maison.
Quelles sont les principaux troubles moteurs pris en charge par le kiné ?
La kinésithérapie pédiatrique concerne un large panel de troubles moteurs. Voici une liste des maux les plus courants !
Les troubles respiratoires :
La kiné pédiatrique prend en charge les troubles respiratoires très présents chez le nourrisson et l’enfant. Le kiné traite les pathologies telles que la bronchiolite ou les bronchiolites à répétition. Elle s’avère aussi utile dans le traitement de pathologies comme la mucoviscidose, l’asthme ou les encombrements bronchiques.
Pour y parvenir, le kinésithérapeute utilise des techniques de désencombrement bronchique. Il délivre également un apprentissage du souffle et contribue à l’amélioration de la ventilation. Cela permet de :
- Faciliter la respiration
- Améliorer l’oxygénation
- Prévenir les complications
- Soulager l’enfant
Les troubles neurologiques et/ou neuromoteurs :
Liés à une atteinte du cerveau, de la moelle épinière ou des nerfs périphériques, les troubles neurologiques et neuromoteurs perturbent le développement moteur de l’enfant. Une partie d’entre eux sont pris en charge en partie par la kiné pédiatrique, les voici :
- La paralysie cérébrale infantile (PCI) : il s’agit d’un trouble du tonus, de la posture ou du mouvement ayant pour origine une lésion cérébrale précoce.
- Les retards psychomoteurs : ils représentent une lenteur dans l’acquisition des grandes étapes du développement moteur, par exemple la tenue de la tête ou encore la marche.
- Les syndromes génétiques ou les maladies neuromusculaires : ils concernent une faiblesse musculaire, une fatigabilité légère ou accrue et peuvent aussi être en lien avec une perte de mobilité.
Le kiné accompagne les enfants souffrant de ces maux afin de maintenir ou d’améliorer la motricité. Il participe à la prévention des déformations, favorise l’autonomie et encourage la participation.
Les troubles orthopédiques et/ou posturaux :
Les kinésithérapeutes spécialistes de la kiné pédiatrique interviennent pour soulager les troubles orthopédiques et posturaux chez les plus jeunes. Ces maux concernent les articulations, les tendons, les muscles ou encore les os. Ainsi, le spécialiste prend en charge les pathologies telles que :
- La scoliose, la lordose ou la cyphose qui représentent une déviation notable de la colonne vertébrale.
- Les torticolis congénitaux qui sont à l’origine de la contraction d’un muscle du cou limitant la rotation de la tête.
- Les pieds bots, genuvalgum//varum aussi connu sous le nom de jambes en X ou en O. Ces troubles rendent les déplacements complexes et douloureux.
- Les fractures, les luxations ou les entorses nécessitant une rééducation après la phase d’immobilisation.
Autrement dit, le kiné restaure la mobilité, renforce la musculature, corrige les déséquilibres posturaux et vient soulager la douleur. Il facilite donc le quotidien des jeunes patients.
La rééducation après une chirurgie ou un traumatisme :
Après une blessure (comme une algodystrophie de l’épaule, une entorse ou une fracture), un accident ou une opération, il est très important d’être accompagné par un kinésithérapeute et cela quel que soit l’âge. Chez le nourrisson, l’enfant et l’adolescent, c’est indispensable puisque le patient est en pleine croissance. Le kiné intervient, dans ce cas précis, pour restaurer la force, la mobilité articulaire, la souplesse et la fonction globale.
L’accompagnement des prématurés :
Nés trop tôt, les bébés prématurés présentent souvent une immaturité motrice et respiratoire. Le kiné intervient pour :
- Stimuler les réactions motrices et sensorielles.
- Favoriser un développement moteur harmonieux au niveau de la posture, du tonus ou de la coordination.
- Il prévient les déformations liées aux positions prolongées en couveuse.
- Il est aussi un soutien pour les parents, notamment au niveau de la manipulation et du portage.
Ainsi, il aide le nourrisson à acquérir les étapes motrices à son rythme et contribue au renforcement du lien parent-enfant.
Les troubles posturaux du nourrisson :
Les troubles posturaux sont souvent liés à de mauvaises positions prolongées chez le nourrisson. Le trouble le plus connu est la plagiocéphalie, communément appelée la tête plate. Toutefois, il existe d’autres maux comme l’asymétrie posturale. Le kiné participe à la correction de la posture et stimule la motricité symétrique. Son rôle est également de conseiller les parents afin qu’ils adoptent les bonnes pratiques au quotidien.
Quelles sont les méthodes d’évaluation et les protocoles adaptés aux enfants ?
Afin de proposer un suivi personnalisé, le kinésithérapeute doit réaliser un état des lieux. Ce temps d’échange et de diagnostic lui permet d’adapter les séances à l’âge, à la personnalité et aux besoins des enfants. Mais pour adapter davantage le suivi à chaque individu, il respecte d’autres méthodes et protocoles d’évaluation.
L’observation clinique :
Par la suite, le professionnel procède à une observation clinique, pour évaluer de façon non intrusive :
- La posture et les symétries
- La qualité des mouvements spontanés
- Le tonus musculaire
- La coordination et l’équilibre
- Les interactions avec l’environnement.
La palpation et le bilan articulaire :
L’examen se poursuit par une observation plus approfondie des articulations par le biais de la palpation. Le kiné procède alors à une mobilisation douce des articulations. Il évalue le tonus, la souplesse et la présence d’éventuelles gênes et douleurs.
Durant ces instants particuliers, il part à la recherche de déformations ou de limitations. Pour évaluer les plus petits, il utilise la goniométrie afin de mesurer l’amplitude des mouvements et des échelles de tonus.
Les tests standardisés du développement moteur :
Sous ce nom barbare, se cache en réalités d’excellents outils. Ces tests mesurent objectivement les acquisitions motrices et leurs évolutions. Voici une liste des plus utilisées :
- Denver II pour le dépistage du retard développement pour les 0 à 6 ans.
- Test d’Alberta Infant Motor Scale (AIMS) pour la motricité globale et les postures des 0 à 18 mois.
- Le Peabody (PDMS-2) pour la motricité fine ou grossière des 0 à 5 ans.
- MABC-2 (Mouvement ABC) pour la coordination, troubles DCD/dyspraxie des 3 à 16 ans.
- GMFM (Gross Motor Function Measure) pour les capacités motrices en cas de paralysie cérébrale pour les bébés de 5 mois jusqu’aux adolescents de 16 ans.
L’entretien avec les parents :
Les parents occupent une place importante dans le suivi des enfants. Le kiné s’entretient avec eux parce qu’ils sont les premiers observateurs des patients. Il recueille ainsi :
- Les antécédents médicaux et grossesse.
- L’alimentation, le sommeil et la motricité quotidienne.
- Les difficultés rencontrées.
- Les comportements et les habitudes posturales.
L’évaluation respiratoire :
Elle est utile en cas de bronchiolite, la mucoviscidose, l’asthme et l’encombrement bronchique. Le kiné observe alors :
- La fréquence respiratoire.
- Le tirage, les sifflements, la toux et la ventilation.
- La saturation en oxygène si possible.
- L’auscultation.
- La capacité d’expectoration pour les plus grands.
Pour y parvenir, le kiné procède à des tests de souffle, le débitmètre de pointe pour l’asthme. Il a recours aussi à la spirométrie en fonction de l’âge et de la coopération.
Comment optimiser les résultats d’un suivi de kiné pédiatrique ?
Le kinésithérapeute n’est pas le seul garant d’une réussite d’un suivi de kiné pédiatrique. C’est un travail qui nécessite plusieurs engagements et éléments. Il faut :
- Une prise en charge précoce afin d’éviter les compensations, les déformations et augmenter la plasticité cérébrale. Agir tôt offre des progrès plus rapides et plus durables.
- Des séances régulières et adaptées composées de protocoles adaptés à chacun. Elles incluent des réévaluations régulières.
- Une approche ludique pour s’assurer d’une participation complète des enfants. Favoriser des séances ludiques avec des jeux, des accessoires ou du matériel sensoriel afin que les plus petits ne perçoivent pas la contrainte.
- Une implication des parents en soutien des enfants, mais aussi pour assurer la réalisation des exercices à la maison.
- Un travail interdisciplinaire qui permet d’obtenir de meilleurs résultats. Sans surprise, lorsque le suivi kiné s’associe à celui d’un pédiatre, d’un orthophoniste et bien plus encore, s’avère d’autant plus efficace.
- Une grande pédagogie et des objectifs progressifs pour gagner la confiance des patients.
Exemples de protocoles et d’exercices classés par pathologie
Voici quelques exemples de pathologies accompagnés des protocoles et des exercices associés à leur suivi kinésithérapique.
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Pathologie |
Objectif du suivi |
Protocoles |
Exercices |
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Hypertonie |
Diminuer la raideur, faciliter le mouvement et éviter les rétractions. |
– Étirements prolongés – Mobilisations douces – Travail proprioceptif – Renforcement ciblé |
– Travail sur les appuis au sol – Stimulation du contrôle de tête et tronc – Exercices d’équilibre ludiques – Postures d’inhibition du tonus |
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Bronchiolite |
Libérer les voies aériennes, améliorer la ventilation et réduire la gêne respiratoire. |
– Évaluation clinique – Désencombrement des bronches – Travail de respiration lente – Conseils aux parents |
– Pressions thoraciques lentes pour mobiliser les sécrétions – Expirations lentes prolongées – Stimulation de la toux – Jeux de souffle |
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Retard développement psychomoteur |
Accompagner les acquisitions comme le fait de ramper, de marcher ou de tenir assis. |
– Parcours moteur adaptés à l’âge de l’enfant – Transition posturale guidée – Travail sur la coordination et l’équilibre |
– Rouler sur un tapis – Ramper sous des obstacles, chercher des jouets – Assis sur un ballon avec des mouvements doux – Debout en appui sur un meuble et puis, sans appui |
Pour savoir comment adapter le suivi à son patient, il convient de se munir de fiches kliniguides comme celle de Rééduca ou encore d’opter pour une formation continue. Cela permet aux kinés de se tenir informés et de toujours proposer des protocoles et des exercices adaptés.
* Sources :
https://www.kinemedical.fr/fr/dossiers/tous-les-dossiers/kinesitherapie-pediatrique
https://www.institut-kinesitherapie.paris/les-traitements/kinesitherapie-pediatrique/
https://www.milo-kine.fr/blog/pratiques-a-la-pointe/kinesitherapie-pediatrique/kine-bebe/
