La méthode de Stanish est un protocole de rééducation des tendinopathies, largement utilisé dans la prise en charge de l’épicondylalgie tendineuse. Elle repose sur un renforcement musculaire excentrique progressif, visant à restaurer la capacité résistive du tendon et à corriger le geste responsable de la lésion.
Destinée aux patients souffrant de douleurs chroniques du coude, cette approche implique une participation active du patient et une reprise fonctionnelle encadrée. Les premières améliorations fonctionnelles sont généralement observées à partir de la quatrième semaine, sous réserve d’un protocole correctement suivi.
Qu’est-ce que la méthode de Stanish ?
La méthode de Stanish est un protocole de rééducation utilisé dans la prise en charge des tendinopathies chroniques, notamment l’épicondylalgie, fréquente chez les sportifs et les personnes exposées à des gestes répétitifs. Elle repose sur le principe de rééduquer le tendon dans le sens du mécanisme lésionnel, afin de lui permettre de mieux tolérer les contraintes mécaniques.
Le protocole s’appuie sur des exercices de renforcement musculaire excentrique, associés à une progression contrôlée de la charge et de la vitesse. L’objectif est d’augmenter progressivement la résistance du tendon au stress, appelée capacité résistive, et de favoriser un retour fonctionnel durable, avec une amélioration généralement perceptible dès la quatrième semaine, à condition que le patient soit pleinement acteur de sa rééducation.
Pour quelles douleurs la méthode de Stanish est-elle indiquée ?
La méthode de Stanish est principalement indiquée dans la prise en charge des tendinopathies chroniques, notamment lorsqu’elles persistent malgré le repos ou les traitements classiques. Elle est fréquemment utilisée pour :
- L’épicondylite latérale (tennis elbow) / épicondylalgie
- La tendinopathie d’Achille
- La tendinopathie rotulienne
- Les tendinopathies liées au surmenage ou aux gestes professionnels répétitifs
- Les douleurs tendineuses chroniques avec retentissement fonctionnel

Quels sont les 5 pilliers du protocole Stanish ?
Le protocole de Stanish repose sur une approche structurée et progressive de la rééducation des tendinopathies chroniques, en particulier de l’épicondylalgie tendineuse. Il vise à restaurer la fonction du tendon en respectant sa biomécanique, tout en impliquant activement le patient dans sa prise en charge.
1) Correction du geste et respect de la biomécanique
Le premier pilier du protocole de Stanish consiste à corriger le geste responsable de la lésion. Le coude n’est jamais considéré isolément : il doit être replacé dans la chaîne mécanique du membre supérieur, dont le socle repose sur l’unité rachis-ceinture scapulaire.
Une mauvaise stabilisation scapulaire, une posture rachidienne inadaptée ou des gestes professionnels répétitifs entraînent une surcharge mécanique du tendon, favorisant la chronicisation de la douleur. La rééducation vise donc à :
- Restaurer une posture fonctionnelle,
- Améliorer la coordination épaule-coude-poignet,
- Automatiser un geste plus économe et biomécaniquement cohérent.
Cette reprogrammation gestuelle est essentielle pour prévenir les récidives.
2) Irritation contrôlée et cicatrisation dirigée du tendon
Contrairement aux approches purement antalgiques, le protocole de Stanish s’appuie sur une stimulation mécanique volontaire du tendon afin de relancer un processus de cicatrisation devenu insuffisant.
Cette étape repose sur :
- Le massage transverse profond
- L’automassage régulier
- Les autopoints périostés
Cette irritation locale, parfois douloureuse, permet de transformer une lésion tendineuse atone en une lésion biologiquement active, capable de cicatriser. Elle nécessite une fréquence élevée et une régularité stricte, intégrée dans le quotidien du patient.
3) Renforcement musculaire excentrique : cœur du protocole
Le renforcement musculaire excentrique constitue le pilier central de la méthode de Stanish. Il consiste à rééduquer le tendon dans le sens du mécanisme lésionnel, en augmentant progressivement sa résistance au stress mécanique.
Les exercices excentriques permettent :
- D’améliorer la capacité résistive du tendon,
- De préparer le tendon à supporter les contraintes fonctionnelles réelles,
- De restaurer la force, l’endurance et la proprioception.
La progression est graduelle, d’abord par la charge, puis par la vitesse, avec une douleur contrôlée et attendue sur les dernières répétitions.
4) Reprise fonctionnelle progressive et orientée activité
Le protocole de Stanish ne vise pas uniquement la disparition de la douleur, mais surtout le retour à une fonction durable. La remise en charge est progressive et adaptée :
- Aux activités professionnelles,
- Aux loisirs,
- Ou à la pratique sportive.
À mesure que la fonction s’améliore (souvent dès la 4ᵉ semaine), les exercices se rapprochent des contraintes réelles du geste, permettant une réintégration sécurisée du membre supérieur dans l’activité quotidienne.
L’objectif final est un “coude oublié”, capable de tolérer l’effort sans appréhension ni compensation.
5) Antalgie accompagnatrice et soutien fonctionnel
Bien que la douleur fasse partie intégrante du processus de rééducation, une antalgie adaptée peut accompagner le protocole, sans en compromettre l’efficacité. Elle repose principalement sur :
- La neurostimulation électrique transcutanée (TENS),
- Le port temporaire d’une contention légère (type bracelet épicondylien).
Ces moyens permettent de soulager la douleur fonctionnelle, de sécuriser la reprise des activités et d’améliorer le confort sans inhiber la réponse cicatricielle recherchée.
6) Le rôle clé du patient
La réussite du protocole de Stanish repose sur un engagement actif du patient. Celui-ci doit accepter un véritable contrat thérapeutique, fondé sur :
- La régularité des automassages,
- L’exécution rigoureuse des exercices,
- La correction quotidienne du geste,
- Le respect des temps de repos et de progression.
Sans cette participation active, les bénéfices du protocole sont limités. À l’inverse, un patient impliqué retrouve généralement une fonction améliorée, durable et sans récidive.
Le protocole de Stanish pour l’épicondylite : exercices excentriques
La méthode de Stanish repose sur un renforcement excentrique progressif, structuré et reproductible. L’objectif n’est pas de “faire mal pour faire mal”, mais d’appliquer au tendon un stress mécanique contrôlé afin d’améliorer sa tolérance à l’effort et de réduire la douleur sur le long terme.
Les principes clés des exercices excentriques :
Les exercices excentriques constituent le cœur du protocole de Stanish. Leur efficacité repose sur le respect strict de paramètres précis, garants d’un stress mécanique contrôlé, indispensable à la stimulation de la cicatrisation tendineuse et à l’augmentation de la capacité résistive.
Voici les paramètres fondamentaux du protocole :
- 3 séries de 15 répétitions par exercice,
- Une douleur présente uniquement sur les 5 dernières répétitions, tolérable et contrôlée,
- Un retour passif du mouvement, correspondant à la phase de récupération musculaire,
- 72 heures minimum entre deux séances, afin de respecter le temps de régénération du tendon,
- Un travail réalisé dans le sens du mécanisme lésionnel, en lien direct avec le geste responsable de la tendinopathie.
Le non-respect de ces principes (charges excessive, absence de repos, douleur trop intense ou mouvements compensatoires) expose à un échec du traitement ou à une aggravation des symptômes. La progressivité, la régularité et la précision du geste sont donc essentielles à l’efficacité du protocole.
Gestion de la douleur : comprendre ce qui est normal et ce qui ne l’est pas
La douleur fait partie intégrante du protocole de Stanish, mais elle doit rester encadrée et maîtrisée. Elle constitue un indicateur d’adaptation du tendon, et non un objectif en soi. La douleur ressentie pendant les exercices doit être tolérable, localisée à la zone tendineuse concernée et transitoire, c’est-à-dire disparaissant rapidement après la séance.
En revanche, la douleur ne doit jamais bloquer le mouvement et irradier vers l’avant-bras, l’épaule ou la main. La douleur ne doit pas persister durant plusieurs heures après la séance et s’intensifier dans le temps. Une douleur vive, explosive ou invalidante doit conduire à un ajustement immédiat du protocole (charge, vitesse, fréquence).
Progression du protocole : d’abord la charge, puis la vitesse
La progression est un principe fondamental de la méthode de Stanish. Elle se fait de manière hiérarchisée et contrôlée, afin de renforcer progressivement la capacité résistive du tendon.
La progression de la charge :
La charge doit être adaptée au patient et à son activité :
- Tant que les 15 répétitions sont faciles, la charge est insuffisante.
- La charge est considérée comme correcte lorsque : les 10 premières répétitions sont maîtrisées et les 5 dernières deviennent douloureuses mais restent réalisables.
La progression de la vitesse :
L’augmentation de la vitesse n’intervient qu’une fois la charge bien tolérée :
- Introduction progressive de l’accélération,
- Toujours sans perte de contrôle du geste,
- En restant fidèle à la biomécanique corrigée.
Attention, on n’augmente jamais la vitesse tant que la charge n’est pas pleinement adaptée et maîtrisée.
Le matériel utilisable : une adaptation au patient et au geste
Le matériel n’est qu’un support, l’essentiel reste la résistance appliquée et sa cohérence avec le geste réel du patient.
Différents outils peuvent être utilisés, à savoir :
- Les haltères
- La massue
- Les bouteilles lestées (eau, sable, billes),
- L’adaptation du diamètre de prise selon l’activité professionnelle ou sportive.
L’objectif est de se rapprocher au maximum des contraintes fonctionnelles réelles, tout en conservant un contrôle optimal du mouvement.
Les erreurs fréquentes à éviter
Certaines erreurs compromettent l’efficacité du protocole et augmentent le risque d’échec ou de récidive :
- Augmenter la charge trop rapidement,
- Rechercher une douleur excessive,
- Compenser avec l’épaule ou le poignet,
- Enchaîner les séances sans respecter les 72 heures de récupération,
- Négliger la posture globale, notamment la stabilisation scapulaire et la statique rachidienne.
Une surveillance régulière du geste et des sensations du patient est indispensable.
Le rôle central du patient : le « contrat » Stanish
Le protocole de Stanish repose sur un engagement actif du patient. Sans régularité ni compréhension des principes, les résultats sont compromis.
Le patient doit :
- S’approprier les règles du protocole,
- Respecter les temps de repos,
- Assurer la continuité entre les séances,
- Intégrer l’auto-rééducation comme une partie intégrante du traitement.
Le patient n’est pas passif : il devient acteur de sa rééducation, condition indispensable à une récupération fonctionnelle durable.
Massage transverse profond et automassage : rôle dans la méthode de Stanish
Dans la méthode de Stanish, le massage transverse profond, inspiré de la technique de Cyriax, occupe une place centrale. Il ne s’agit pas d’un massage de confort, mais d’une stimulation mécanique ciblée de la zone myotendineuse, destinée à relancer la vascularisation et à moduler la douleur afin de favoriser une cicatrisation dirigée du tendon.
Ce travail est systématiquement complété par un automassage, enseigné dès les premières séances. Réalisé 4 à 5 fois par jour, sur des temps courts mais réguliers, il permet de prolonger l’action thérapeutique entre les séances et de rendre le patient pleinement acteur de sa rééducation.
Lorsque la douleur résiduelle devient plus localisée, des autopoints périostés peuvent être proposés pour affiner le travail au niveau de l’enthèse, sous réserve d’une bonne tolérance.
La logique n’est pas de provoquer une douleur excessive, mais d’instaurer une stimulation répétée, progressive et contrôlée du tendon. Une attention particulière doit être portée au tunnel radial, afin d’éviter toute irritation neurologique.
Signaux d’alerte :
- Une douleur irradiant vers l’avant-bras ou la main,
- Des fourmillements, engourdissements,
- Une douleur vive de type neurologique.
Dans ces situations, le massage doit être interrompu et une réévaluation est nécessaire.
Étirements : comment les intégrer dans un protocole Stanish ?
Les étirements font partie intégrante du protocole de Stanish. Ils participent au formatage progressif de la cicatrice tendineuse et à l’amélioration de la viscoélasticité des tissus, dans un contexte souvent marqué par la sédentarité et la répétition de gestes contraignants.
Ils doivent être infradouloureux, lents et contrôlés, réalisés de façon régulière et pluriquotidienne avec un temps de repos au moins équivalent au temps de travail.
Les étirements peuvent être intégrés à différents moments de la journée avant et après l’automassage, lors des pauses de travail et après les exercices excentriques, en phase de récupération. Ils visent à redonner de l’amplitude, à rompre la monotonie gestuelle et à rééquilibrer les chaînes musculo-tendineuses, sans jamais chercher la douleur.
Les 3 phases de récupération dans la méthode de Stanish
La méthode de Stanish s’organise classiquement en trois phases successives, correspondant à l’évolution clinique de la douleur et de la fonction.
Phase 1 : mise en route du protocole (semaines 1 à 4)
- Douleur souvent diffuse et mobile,
- Majoration transitoire de la douleur liée aux massages,
- Apprentissage de l’automassage et des exercices,
- Travail lent, charges adaptées.
Ce qui est normal : gêne, douleur contrôlée, fatigue locale.
À surveiller : douleur neurologique, aggravation brutale.
Phase 2 : travail en capacité résistive (à partir de la 4ᵉ semaine)
- Douleur plus localisée sur l’insertion,
- Amélioration nette de la fonction,
- Augmentation progressive de la charge puis de la vitesse,
- Intégration du travail en “stress” contrôlé.
Ce qui est normal : douleur à l’effort, fatigue musculaire.
À surveiller : perte de contrôle du geste, douleurs irradiantes.
Phase 3 : remise en charge fonctionnelle (jusqu’à 3 mois)
- Arrêt progressif des massages,
- Douleurs ponctuelles lors de sollicitations excessives,
- Réintégration des gestes professionnels ou sportifs.
Objectif : un “coude oublié”, fonctionnel et stable.
Résultats : en combien de temps la méthode de Stanish fonctionne ?
Les premiers bénéfices fonctionnels apparaissent généralement à partir de la 4ᵉ semaine, avec une diminution de la gêne dans les gestes du quotidien. Le protocole s’étend en moyenne sur 10 semaines, suivies d’un troisième mois de remise en charge progressive.
Lorsqu’il est correctement suivi, le protocole permet :
- Une amélioration durable de la fonction,
- Une augmentation de la capacité résistive du tendon,
- Une réduction du risque de récidive.
Les résultats dépendent toutefois de plusieurs facteurs :
- L’ancienneté de l’épicondylalgie,
- L’adhésion et la régularité du patient,
- L’ergonomie du poste de travail,
- La présence de syndromes associés (radiculopathie, défilé thoraco-brachial, syndrome canalaire…).
Contre-indications et précautions à connaître
La méthode de Stanish nécessite une évaluation rigoureuse préalable. Elle doit être adaptée ou différée en cas de :
- Suspicion d’atteinte neurologique (nerf radial),
- Douleurs irradiantes ou paresthésies,
- Douleur aiguë traumatique récente non explorée,
- Suspicion de rupture tendineuse,
- Échec malgré une observance correcte, justifiant un bilan différentiel (origine cervicale, canalaire, neurologique).
*Sources :
https://walter-learning.com/blog/sante/podologue/pathologies-coureur/protocole-de-stanish
https://sos-pied-cheville.com/protocole-de-stanish-modifie-dr-stephane-guillo/
https://centre-orthopedique-santy.com/reeducation/genou/reeducation-des-tendinopathies-stanish/
https://www.docdusport.com/tendinite-et-protocole-de-stanish-des-douleurs-pour-soigner-vos-tendons/
