Les « trigger points », appelés « points gachettes » dans la langue de Molière, désignent les points de douleur, les contractions et les nœuds. Ils se forment au sein des fibres musculaires. Même lorsque le corps est au repos, ces nœuds peuvent causer des souffrances chez le patient.

Définition et fondement du trigger point

point-gachette

 

L’une de leurs caractéristiques principales est de causer une souffrance loin du trigger point en lui-même. En règle générale, lorsque le kinésithérapeute appuie sur des ces points sensibles, on observe un rayonnement de la douleur. Au moment où le kiné appuie, le patient lui dit que « c’est là » qu’il a vraiment mal.
Dans la population, quasiment tout le monde souffre de ce genre de douleurs, même sans le savoir. Les personnes qui restent assises toute la journée dans le cadre de leur profession, qui adoptent des postures inconfortables, restent inactives ou qui répètent les mêmes gestes tout au long de la journée sont les plus exposées. Comme leurs muscles ne sont pas utilisés, ou pas de la bonne façon, alors que d’autres sont très sollicités, il se crée dans leur corps l’environnement parfait pour que des trigger points apparaissent.

Sans une thérapie adaptée, les trigger points ont tendance à « se reproduire ». Il suffit d’un seul nœud pour que d’autres se forment soit à proximité, soit un peu plus loin dans le corps. S’ils apparaissent facilement, les faire disparaître demande un traitement particulier.
Il est possible de soulager les douleurs causées par les trigger points par une prise de médicaments encadrée. Mais une fois la prescription arrivée à son terme, les douleurs risquent fort de revenir…

Un trigger point est identifié dans un muscle grâce à plusieurs signes cliniques :

 

– Le signe du retrait, encore appelé « sursaut » ;
– Le signe de reproduction de la douleur ;
– Le signe de la secousse ;
– Le signe de reproduction de troubles neurovégétatifs ;
– Le signe de la douleur prolongée même après la fin de la séance de kiné.

 

Ces points gâchettes s’accompagnent généralement d’épisodes inflammatoires locaux, d’ailleurs à l’origine de la douleur. Aussi, un muscle victime de contractures présente-t-il une circulation sanguine réduite.

 

 

Quelles méthodes utiliser pour masser ces trigger points ?

 

dry-needling

 

Pour débarrasser définitivement ses patients de leurs trigger points, le masseur-kinésithérapeute optera le plus souvent pour le massage profond des tissus. La thérapie manuelle consistant en une série de pressions et de mobilisations tissulaires donne de très bons résultats.
Le traitement commence par une phase de repérage, afin de cibler les points actifs qui déclenchent les douleurs. Ensuite, le masseur-kinésithérapeute procède à de fortes pressions sur ces nœuds, afin de les dénouer. Pour qu’elles soient véritablement efficaces, ces pressions devront durer un minimum de temps pouvant atteindre une durée de soixante secondes.

Les trigger points étant souvent ancrés profondément, sans un minimum de force dans chaque pression, le massage ne sera pas efficace.
Une autre méthode appelée « dry needling », est le traitement des trigger points par des aiguilles directement en intramusculaire. L’expression se traduit en français par « action de piquer avec une aiguille sèche ». « Sèche » signifiant qu’il n’y a aucun produit sur l’aiguille.

L’idée est que l’aiguille supprime le nœud douloureux dans la musculature. Le muscle peut alors se « décontracter » et la circulation sanguine peut reprendre normalement.
Pour les masseurs-kinésithérapeutes enclins à donner ce genre de conseils, il est bon de savoir que les patients peuvent, en plus des séances avec leur kiné ou lorsque celles-ci sont terminées et que la douleur revient, procéder à l’automassage. Il faudra leur expliquer comment fonctionne le point gâchette, comment le trouver et, évidemment, comment s’en débarrasser grâce à des massages répétés. Les pressions devront être fermes, localisées, et d’une durée de 15 à 20 secondes.

Ces automassages peuvent être réalisés à l’aide d’accessoires : un bâton, un rouleau ou une balle de tennis.