A l’origine, l’onde de choc profitait surtout à l’urologie. Grâce à elle, les calculs rénaux disparaissaient plus facilement et plus rapidement. Aujourd’hui, elle œuvre à la consolidation des os et permet de soigner un certain nombre de lésions musculo-squelettiques. Retrouvez dans cet article l’essentiel de cette pratique et son application à la kinésithérapie du sport.

 

Qu’est-ce qu’une onde de choc ?

Une onde de choc se définit par une très forte et très soudaine augmentation de pression, précédant immédiatement une phase de pression négative. Il s’agit d’une onde acoustique se propage rapidement dans les tissus et transmet une énergie mécanique capable de stimuler les cellules. Ce “stress” contrôlé réactive les mécanismes naturels de réparation et cicatrisation de l’organisme. Cela explique pourquoi, cette thérapie par ondes acoustiques extracorporelles à haute densité est utilisée en kinésithérapie, notamment dans les lésions musculo-squelettiques chroniques et les calcifications.

 

Origine médicale : de l’urologie à la kinésithérapie

Issue à l’origine de la médecine urologique, la thérapie par ondes de choc était utilisée dans les années 80 pour désintégrer les calculs rénaux et les lithiases urinaires. Au fil du temps, l’usage de cette technique s’est étendu à d’autres pathologies comme les tendinopathies. Aujourd’hui, les ondes de choc participent à la consolidation osseuse et s’utilisent en kinésithérapie pour le traitement des lésions musculo-squelettiques. Cette évolution a permis à cette technique d’être utilisée en kiné du sport.

 

Comment sont mesurées les ondes de choc ?

Comment dose-t-on ce soin ? La « posologie » dépend de la densité d’énergie acoustique : énergie (mJ) / surface (mm²) et par le nombre d’impulsions. On distingue 3 niveaux de densité d’énergie : haute, moyenne et basse. Plus la densité est élevée, plus l’onde pénètre profondément dans les tissus. Le nombre d’impacts, généralement compris entre 1 500 et 3 000 par séance, est ajusté selon la zone à traiter. Le praticien adapte également l’intensité selon la tolérance du patient et l’ancienneté de la lésion, afin de délivrer l’énergie optimale pour relancer la cicatrisation.

 

Ondes de choc radiales : la technique utilisée en kinésithérapie du sport

Pourquoi sont-elles efficaces sur les tendinites ?

On ne compte plus les sportifs qui ont dû faire face à une tendinite ou une tendinopathie au cours de leur carrière. Très souvent, c’est un mouvement répété ou une sollicitation trop importante du tendon qui provoque la douleur. Lorsqu’elle n’est pas traitée rapidement, la lésion peut devenir chronique : le tendon se fragilise, cicatrise mal et la douleur s’installe.

 

Entraînement revu à la baisse, pratique du sport potentiellement douloureuse et risques de complications plus sérieuses – telle une rupture tendineuse – constituent le quotidien des sportifs qui souffrent de tendinite. En plus de séances chez un kinésithérapeute, ils sont mis au repos forcé et placés sous anti-inflammatoires. Parmi les thérapies les plus courantes, on retrouve l’électrothérapie, la mésothérapie ou encore les massages transverses profonds.

 

Si ces approches apportent un soulagement partiel, elles n’agissent pas toujours sur la cause profonde, en particulier lorsque la tendinopathie devient chronique. C’est dans ce contexte que les ondes de choc prennent tout leur sens en relançant la cicatrisation et en traitant les lésions.

 

Sportifs et tendinopathies : limites des traitements classiques

 

Vous l’aurez compris, les tendinites chroniques répondent mal aux thérapies traditionnelles. Les ondes de choc s’avèrent être une excellente alternative lorsque la cicatrisation est bloquée. Elles relancent la réparation tissulaire en profondeur et palient aux défauts des traitements classiques comme les anti-inflammatoires, la mésothérapie, l’électrothérapie ou encore les massages transverses. Autrement dit, même si l’utilisation des ondes de choc ne s’est pas encore démocratisée, elle promet de belles avancées dans la prise en charge des pathologies musculo-tendineuses que les soins classiques n’arrivent pas à traiter efficacement.

 

Comment fonctionne une séance ?

Les ondes de choc sont envoyées sur le point de douleur, à travers la peau. Le thérapeute emploie une pièce à main. Celle-ci se termine par un embout dont la taille et la forme dépendent de la zone à soigner. Celle-ci détermine aussi l’intensité, la nature et la fréquence des chocs, en cohérence avec la nature et l’avancée du traitement.

La séance démarre le plus souvent par une localisation précise de la zone douloureuse afin de cibler au mieux le point d’impact. Le thérapeute augmente progressivement l’intensité pour atteindre le niveau optimal d’efficacité sans dépasser le seuil de tolérance du patient. Ainsi, il prend en compte la manière dont le patient réagit pour délivrer un stimulus suffisant pour relancer la cicatrisation sans provoquer une douleur excessive. Selon la profondeur de la lésion, les réglages peuvent être adaptés en temps réel, ce qui permet d’optimiser l’efficacité du traitement. »

Celle-ci détermine aussi l’intensité, la nature et la fréquence des chocs, en cohérence avec la nature et l’avancée du traitement. Le professionnel doit aussi prendre en compte la manière dont le patient réagit aux ondes de choc.

 

Effets des ondes de chocs sur les tissus

Effets mécaniques

Les ondes de choc provoquent plusieurs effets d’ordre mécanique :

  • Elles débarrassent les tendons de leurs calcifications éventuelles.
  • Les tissus cicatriciels se réorganisent.
  • Le corps du tendon se remodèle.
  • Les anthèses (points d’ancrage faciaux et tendineux sur les os) se régularisent.

 

Effets métaboliques

D’un point de vue métabolique, on observe que la zone proche de l’endroit traité bénéficie :

  • D’une augmentation de sa vascularisation.
  • D’un déclenchement d’une réponse inflammatoire contrôlée et bénéfique.
  • D’une accélération de la cicatrisation.
  • D’une amélioration de l’oxygénation et du métabolisme tissulaire.
  •  

Micro-lésions contrôlées et régénération

Des micro lésions de la partie conjonctive des tendons sont susceptibles de faire leur apparition. Dues au changement très soudain de pression, elles commencent à se régénérer instantanément. Comme chaque cicatrisation, la régénération sera totale après un certain laps de temps. Le déclenchement immédiat du processus de régénération est utile et demande une cicatrisation progressive sur plusieurs semaines.

 

Quelles pathologies peuvent-être traitées ?

La thérapie par ondes de choc est recommandée pour les pathologies suivantes :

  • Tendinites
  • Tendinopathies chroniques
  • Calcifications
  • Douleurs musculo-squelettiques

 

Comment se déroule un traitement par ondes de choc ?

Durée d’une séance et ressenti

Chaque séance dure en moyenne entre 10 et 20 minutes, un laps de temps qui varie en fonction de la résistance et des besoins du patient. La thérapie peut engendrer des douleurs, voilà pourquoi, le kiné se montre attentif aux réactions du patient. Il ajuste la fréquence pour rendre les ressentis plus agréables. Toutefois, les douleurs transitoires sont normales durant la séance. Elles ne constituent pas un argument pour déconseiller ce type de solution.

 

Fréquence et nombre de séances

Le traitement est court. En moyenne, les sportifs sont suivis sur une période allant de 3 à 6 semaines. Le protocole classique gravite autour d’une séance par semaine afin de permettre un soulagement progressif. La fréquence et le nombre de séances varient d’un patient à l’autre en fonction de ses besoins. Durant le suivi de kinésithérapie, l’entraînement sportif est autorisé, mais il doit être raisonnable. En revanche, la compétition est interdite durant le protocole.

 

Soins après séance

À la fin de la séance, quelques minutes de glaçage sont généralement recommandées afin de réduire les rougeurs, les irritations et les éventuelles ecchymoses provoquées par l’impact des ondes. Les patients ressentent habituellement une augmentation de la douleur durant les 24 heures qui suivent. Il s’agit d’une réaction normale puisqu’il y a un processus inflammatoire contrôlé après chaque thérapie.

Le patient doit reprendre son activité de manière progressive et éviter les efforts intenses dans les jours suivant le traitement. A chaque séance, le kiné ou kiné du sport surveille l’évolution de la douleur, de la mobilité et de la zone traitée afin d’ajuster les paramètres du traitement. Un examen de contrôle est réalisé au bout de 6 semaines, autrement dit après la dernière séance pour évaluer la cicatrisation complète et la qualité de la récupération.

 

Avantages, efficacité et limites du traitement par onde de choc

Les ondes de choc soignent les patients de manière non invasive. Aucun produit chimique ni aucun instrument ne pénètre l’organisme ni la peau. Les médicaments ne sont prescrits qu’en cas de nécessité, les effets secondaires sont donc peu nombreux. Avant chaque séance, les médecins vérifient l’avancée du processus de soin. Cette thérapie est encore marginale, mais elle est bien tolérée chez la patientèle, y compris chez les sportifs. Elle représente une alternative de qualité pour la rhumatologie et la médecine du sport. Le traitement par ondes de choc soigne efficacement les patients, il propose une action locale et ciblée. Qui plus est, le suivi médical obligatoire offre un ajustement du protocole afin de profiter d’améliorations visibles après quelques séances.

 

Contre-indications et précautions

Comme toute thérapie, les ondes de choc nécessitent quelques sprécautions d’usage. Elles sont contre-indiquées :

  • Chez les patients ayant des troubles circulatoires importants (vascularisation ou coagulation).
  • Chez les femmes enceintes.
  • Chez les personnes atteintes de troubles neurologiques.
  • En cas d’infections locales, de plaies ouvertes ou de processus inflammatoires.
  • Chez les adolescents en pleine croissance.

Avant de commencer le traitement, le kinésithérapeute réalise donc un interrogatoire précis et adapte son approche en fonction de l’historique médical du patient, afin de garantir une prise en charge sûre et efficace.

Crédit photo : Milo Kiné &  Zaiets Roman

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