Après l’accouchement, le corps a besoin de temps et d’attention pour retrouver son équilibre. La rééducation joue un rôle crucial pour les jeunes mamans : augmentation du confort et de la confiance. En tant que kinésithérapeute, il convient de s’avoir quand la commencer, quelles techniques utiliser et dans quel cas l’indiquer ? Découvrez notre tour d’horizon des pratiques pour comprendre cette étape clé du post-partum et accompagner les patientes de la meilleure des façons !

 

La rééducation périnéale post-partum, un essentiel après l’accouchement :

La rééducation périnéale post-partum est essentielle pour retrouver un confort au quotidien. Voilà pourquoi, elle est systématiquement prescrite après une grossesse et débute 6 à 8 semaines après l’accouchement. En moyenne, les femmes réalisent entre 10 à 15 séances aux côtés d’une sage-femme ou d’un kinésithérapeute spécialisé. Bien qu’elle soit prescrite aux nouvelles mamans, la rééducation périnéale s’avère utile après un prolapsus pelvien, mais aussi en cas d’incontinence urinaire ou de dysfonctionnement sexuel.

 

 

Pourquoi est-elle aussi importante ?

Pendant la grossesse et l’accouchement, le périnée subit une forte pression, pouvant entraîner un relâchement musculaire, des douleurs, des fuites urinaires ou une sensation de pesanteur. Sans rééducation, ces troubles peuvent persister ou s’aggraver avec le temps, augmentant le risque de prolapsus (descente d’organes). Un périnée bien rééduqué aide aussi à retrouver un meilleur confort intime et une plus grande stabilité corporelle.

 

En quoi consiste ce type de rééducation ?

La rééducation du périnée se fait au travers d’exercices permettant de contracter et de relâcher le périnée de façon ciblée. Pour cela, il existe les méthodes manuelles, l’électrostimulation douce et le biofeedback. Guidée par le kiné, la patiente intègre les exercices dans son quotidien et profite d’un suivi sur-mesure. Cela inclut des exercices de respiration, de posture, de port de charges, etc. Elle n’est pas à prendre à la légère puisqu’elle contribue grandement à la récupération physique post-accouchement.

 

Quelles sont les techniques kinésithérapiques courantes pour la rééducation périnéale post-partum ?

Il existe un vaste ensemble de techniques visant à renforcer et à rétablir la fonctionnalité du périnée. Voici celles qui sont couramment utilisées en kinésithérapie :

  • Exercices de contractions volontaires : c’est une méthode pratique pour apprendre à contracter et à relâcher correctement le périnée.
  • Biofeedback : Il s’agit de capteurs reliés à un écran qui vous aide à visualiser la contraction pour lieux la contrôler.
  • Électrostimulation : à l’aide d’une sonde, le kiné diffuse un faible courant électrique pour stimuler le muscle quand la contraction volontaire est difficile.
  • Exercices hypopressifs : il s’agit de techniques respiratoires et/ou posturales capables de solliciter le périnée sans pression excessive.
  • Renforcement global : ce travail agit sur les abdominaux profonds et la posture en plus du périnée.
  • La méthode Busquet : elle complète la rééducation périnéale classique en intégrant le périnée dans une vision globale des chaînes musculaires et posturales.

Le kinésithérapeute adapte les techniques en fonction de la patiente et de l’état de son périnée pour optimiser le résultat. Voilà pourquoi, il est indispensable d’utiliser un tableau pour le suivi des progrès. 

 

 

Quelles sont les indications principales à connaître ?

Les indications principales à connaître pour renforcer le plancher pelvien au travers d’une rééducation post-partum sont : 

  • La prévention systémique, c’est-à-dire après un accouchement par voie basse ou par césarienne.
  • Les fuites urinaires urgentes ou à l’effort (toux, rire et sport).
  • La sensation de pesanteur pelvienne qui est souvent le signe d’un prolapsus, autrement dit d’une descente d’organes.
  • Les douleurs périnéales en lien avec des cicatrices d’épisiotomie ou de déchirure.
  • Les troubles ano-rectaux liés à une incontinence anale ou des gaz.
  • La reprise du sport et le fait de sécuriser le plancher pour réduire les effets des impacts.
  • La baisse de tonicité liée à une gêne intime ou une diminution des sensations sexuelles.
  • Le diastasis abdominal, autrement dit un écartement des grands droits nécessitant un travail coordonné entre les abdominaux et le périnée.

Le kiné procède à un bilan périnéal avant tout suivi, cela permet d’identifier les besoins et d’adapté les techniques.

 

Quand commencer la rééducation périnéale et comment adapter sa prise en charge ?

Comme » expliqué plus tôt, il convient de commencer la rééducation périnéale à partir de la 6e ou 8e semaine post-partum, juste après la visite médicale postnatale. Ce délai permet de laisser le temps à la cicatrisation des tissus, l’utérus peut ainsi retrouver sa place en douceur.

Pour adapter la prise en charge, il convient d’être à l’écoute et d’adapté le processus à chaque jeune maman. Voici les différents cas de figure :

  • Accouchement par voie basse sans complication : c’est le scénario idéal pour une maman. Le début de la rééducation périnéale intervient au bout de 6 semaines et gravite autour d’exercices doux de contraction/relâchement.
  • Accouchement par voie basse avec déchirure ou épisiotomie : il est préférable d’attendre une cicatrisation complète avant d’entreprendre la rééducation du périnée. Dans ce cas de figure, il vaut mieux opter pour des techniques manuelles et un travail de respiration pour commencer.
  • Accouchement par césarienne : le périnée soufre moins directement, mais la rééducation est utile pour réduire la pression abdominale et prévenir les troubles urinaires. Elle débute dès la cicatrisation abdominale.
  • Accouchement avec des complications : il peut s’agir de douleurs, de prolapsus, d’incontinence sévère ou de diastasis important. Ici, il faut démarrer par une évaluation individuelle afin d’adapter le suivi. Il est possible d’opter pour le biofeedback, le travail abdos profonds ou d’autres techniques spécifique.

 

Quelques conseils pour accompagner les femmes durant cette phase de récupération :

Accompagner les femmes durant cette phase de récupération nécessite :

  • Une écoute active et bienveillante afin que la patiente exprime ses sensations, ses peurs et ses attentes.
  • Une approche pédagogique afin d’expliquer clairement le rôle du périnée et des abdominaux profonds. La patiente doit comprendre l’intérêt des exercices.
  • Un suivi progressif pour une prise de conscience corporelle en douceur, ainsi qu’une respiration avant le renforcement.
  • Une adaptabilité constante, c’est le secret d’un suivi réussi. En tant que kiné, il faut ajuster les techniques selon le type d’accouchement, la présence de cicatrices, de douleurs ou de diastasis.
  • Une liste d’exercices à domicile au travers de gestes simples et non intrusifs comme la respiration abdominale et des contractions douces. Les exercices doivent s’intégrer facilement dans la vie quotidienne.
  • Un rappel de l’importance d’une bonne hygiène de vie comme le fait d’éviter le port de charges lourdes, les efforts de poussée et la constipation.
  • Un accompagnement global qui encourage la reprise progressive du sport et l’évocation des impacts sur la sexualité.
  • Un suivi individualisé et régulièrement réévalué pour adapter constamment le programme et obtenir de bons résultats.

 

Comment se spécialiser en rééducation périnéale ?

En tant que kinésithérapeute, vous pouvez vous former à la rééducation périnéale. Cette formation permet de se spécialiser et d’atteindre une nouvelle cible, un atout en tant que professionnel offrant l’avantage d’augmenter le chiffre d’affaires. Il est fortement recommandé d’acquérir ces nouvelles compétences en formation continue afin de rester à la page concernant les nouvelles techniques d’accompagnement. Pour vous renseigner sur les formations, rendez-vous au Salon Rééduca.

 

*Sources :

 

blog reeduca banniere salon kinesitherapie reeducation